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REMANIEMENT : LE GOUVERNEMENT DE COALITION SUBIT UN LIFTING

D’aucuns diraient que ce geste surprise de Pedro Sánchez est quelque peu précipité et inhabituel. Il convient néanmoins de garder à l’esprit que, compte tenu des circonstances actuelles dans lesquelles nous nous trouvons et du tempérament inné du politique, il n’est pas déraisonnable de supposer que ce remaniement de l’exécutif est un geste méticuleusement prémédité.

Au moment où j’écrivais ces lignes, je recevais encore une avalanche de notifications de différents journaux aux titres similaires. Les noms des désormais ex-membres de l’Exécutif n’ont cessé de défiler. Des noms aussi connus que ceux de Carmen Calvo, Iván Redondo, José Luis Ábalos, Juan Carlos Campo, Arancha Génzalez Laya, ou Isabel Celaá.

Les raisons qui, selon la Moncloa, justifient ces changements sont notamment le “renouvellement des générations” et la “parité des sexes”. Il est toutefois possible (et plus que probable) qu’il existe d’autres raisons que nous pourrions supposer. Lisons donc entre les lignes.

Carmen Calvo, remplacée par Nadia Calviño, a été la protagoniste des affrontements violents ces derniers mois, notamment pour ses désaccords avec les lois promulguées par la ministre de l’Égalité, Irene Montero.

Ivan Redondo, connu jusqu’à présent comme le bras droit du Président, ne sera plus chef de cabinet du Premier Ministre, bien trop critiqué par l’opinion publique.

José Luis Ábalos, jusqu’à présent ministre des Transports, quitte l’Exécutif en laissant derrière lui l’une des controverses suscitant l’une des importantes polémiques du Gouvernement, le fameux “Delcygate” et les liaisons entre Caracas et la Moncloa.

Juan Carlos Campo quitte le ministère de la Justice. Il est clair que les grâces accordées fin juin par le Tribunal Suprême aux dirigeants indépendantistes condamnés pour sédition et détournement de fonds marqueront un avant et un après dans le mandat de Pedro Sanchez.

Arancha González Laya, quitte son poste aux Affaires Étrangères en pleine crise diplomatique avec le Maroc, après sa décision de soutenir le leader du Front Polisario, Brahim Ghali.

Isabel Celaá, quitte son ministère de l’Éducation, sûrement épuisée par les polémiques suscitées par sa Loi Celaá, très fortement critiquée.

Curieusement, le remaniement concerne surtout les Socialistes de ce Gouvernement ; les ministères d’Unidas Podemos demeurent intacts. Il est certain que les désaccords et les différences entre les membres du prochain Gouvernement de coalition seront moindres et, de fait, les ministres faisant l’objet d’une certaine controverse ont été éliminés du gouvernement, permettant de donner un nouveau visage à ces ministères.

Placer Nadia Calviño à la première vice-présidence du gouvernement, pourrait avoir pour objectif de montrer un plus grand engagement et un plus grand sérieux envers Bruxelles, et le reste des partenaires européens, pour entreprendre les réformes convenues dans le plan de relance approuvé par la Commission, il y a quelques semaines.

Les signes de la pré-campagne sont visibles à l’horizon. Tout doit être prêt à repartir. On espère seulement que rien d’inattendu ne se produira. L’équipe gouvernementale doit être parfaite.

 

Javier Torrecillas

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