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RÉGIONALES À MADRID : LA DROITE TRIOMPHE ET RÊVE DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL

La très conservatrice Isabel Díaz Ayuso, candidate du Parti Populaire, double son score du scrutin régional de mai 2019. Avec 65 députés, la présidente sortante de la Communauté de Madrid n’obtient pas la majorité absolue et devrait former une coalition avec le parti d’extrême-droite Vox, qui remporte 13 sièges.

Les centristes de Ciudadanos, dont le départ de la coalition qu’ils formaient avec le PP en début d’année a été la cause de ces élections anticipées, disparaissent quant à eux totalement des bancs de l’Assemblée régionale. Ils perdent leurs 26 sièges, leur électorat capté en majorité par Isabel Díaz Ayuso.

Malgré le contexte sanitaire, les Madrilènes ont été nombreux à se rendre aux urnes, avec un taux de participation de plus de 75%, en hausse de 10 points par rapport au scrutin précédent.

« Un nouveau chapitre de l’histoire de l’Espagne commence aujourd’hui »

Le scrutin madrilène est très suivi à droite. Isabel Díaz Ayuso entend faire de ce succès régional (44,67% des voix) la première étape d’un retour du Parti Populaire au niveau national. Selon l’ex-future présidente de la Communauté, « les jours sont comptés » pour le gouvernement de Pedro Sanchez et « un nouveau chapitre de l’histoire de l’Espagne commence. »

Après avoir mené une campagne très à droite (cf. son slogan, « la liberté ou le communisme »), c’est en scandant « liberté, liberté, liberté ! » que la présidente de la Communauté a célébré sa victoire. Première mesure annoncée : baisser les impôts locaux, qui sont déjà les moins élevés du pays.

Le chef du parti, Pablo Casada, voit dans cette victoire régionale un « point d’inflexion dans la politique nationale », bien que le PP reste encore derrière les socialistes au niveau national en termes d’intention de votes. Pour rappel, le PP, au pouvoir en Espagne entre 2011 et 2018 avait été chassé par une motion de censure pour corruption, déposée par Pedro Sanchez, l’actuel chef de l’exécutif fédéral.

À gauche, trois formations obtiennent moins de sièges que le PP à lui seul

Más Madrid, emmené par Monica Garcia, une médecin-anesthésiste qui s’est fait connaître par ses confrontations régulières avec Isabel Díaz Ayuso à propos de la gestion de la crise sanitaire, remporte 16,97% des voix. Le parti crée la surprise en prenant la deuxième position. Il obtient 24 sièges, soit quatre de plus que lors de la législature précédente.

Le choc est rude pour le PSOE, qui était pourtant arrivé en tête lors des élections de 2019, mais n’avait pas réussi à former une coalition pour gouverner. Le parti perd treize sièges : avec 16,85% des voix, les socialistes n’obtiennent que 24 sièges, autant que Más Madrid.

Avec 7,35% des voix, Podemos, derrière Vox, obtient dix députés dont trois nouveaux. Pourtant, Pablo Iglesias, qui avait quitté son poste de vice- président du gouvernement Sanchez pour se consacrer à la campagne régionale annonce quitter la politique. Le dirigeant estime ne pas être parvenu à redresser son parti. « Quand on cesse d’être utile, il faut savoir se retirer » a-t-il expliqué à ses militants le soir du scrutin.

Reste à élire le président de la Communauté. Vox a d’ores et déjà confirmé son soutien à Isabel Díaz Ayuso, qui peut toutefois s’en passer. Avec 65 députés issus du PP, une simple abstention de l’extrême-droite suffirait à la faire réélire.

 

Podcast de Rodrigo García Fernández

 

 

Augustin PIETRON

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