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PRIMAIRES DU PSOE ANDALOU : LES MILITANTS S’EXPRIMENT CONTRE SUSANA DÍAZ

Pour le plus grand plaisir de la direction fédérale et du Secrétaire Général du PSOE -Pedro Sánchez-, Susana Díaz enchaîne une troisième défaite avec la victoire de Juan Espadas aux primaires du PSOE andalou. L’ambition de la présumée étoile montante du parti -en plus d’être la première femme présidente de la Junte d’Andalousie-, semble prendre un coup. Elle ne sera pas candidate à la Junte d’Andalousie lors des prochaines élections régionales, et ne concourra pas au poste de Secrétaire Général en novembre. Suite à sa défaite, elle a toutefois réaffirmé sa fidélité au parti.

 Soulagement à Ferraz

Si Sánchez n’a -à aucun moment- fait campagne pour Espadas, la victoire demeure totale. « Le militantisme a parlé » peut-on entendre depuis Ferraz, le siège du Parti Socialiste. Aujourd’hui, Sánchez a obtenu un candidat proche de ses intérêts, et a réussi à ce que Susana Díaz, son éternelle rivale, soit mise à l’écart.

Cette victoire évitera que le PP remette à nouveau en question le leadership interne du PSOE après la défaite de ce dernier à Madrid et la campagne acharnée contre l’octroi des grâces aux prisonniers indépendantistes menée par la droite. Depuis le siège du PSOE, l’ambiance est au soulagement.

Sánchez et Díaz : de la méfiance à la lutte frontale

Malgré un apparent rapprochement ces derniers mois, la relation entre ces deux politiques a été marquée par la méfiance et la rivalité. En 2017, lors du second tour, Sánchez remporta les primaires face à Díaz. Plus tard, alors que ce dernier se rapprochait de la Moncloa, Díaz passait du Gouvernement à l’opposition en Andalousie à la suite de la défaite historique du PSOE un fameux mois de décembre 2018, marquant la fin de 37 ans de socialisme dans la région. La victoire électorale de la trianera fut en effet éclipsée par le pacte entre le PP et Ciudadanos, appuyé par Vox.

L’accumulation des succès électoraux de l’actuel Premier ministre a tout de même permis quelques victoires politique à Susana Díaz. Elle terrassait notamment Pedro Sánchez lors du Congrès du PSOE du 1er octobre 2016, le forçant à démissionner de son poste de Secrétaire Général, suite à une motion de censure déposée par le secteur susanista, formant une armée de militants appuyés par des références du parti comme Felipe González.

La victoire électorale de Sánchez en 2019 a marqué un revirement dans son attitude. Depuis les bancs de l’opposition du Parlement andalou, Susana Díaz n’a eu de cesse d’appuyer le Premier ministre espagnol, s’érigeant en l’une des dirigeantes régionales les plus proches de l’Exécutif, malgré la pression croissante sur sa personne.

Néanmoins, l’entente cordiale a pris fin ce dimanche 13 juin, une date au goût amer pour l’ex-baronne socialiste d’Andalousie. Cette fois-ci, le militantisme a dit « non » à sa candidature à la présidence du Gouvernement andalou dès le premier tour. Son espace politique a encore été réduit par la victoire du maire de Séville, dont la campagne a tourné autour de la réconciliation avec le PSOE national de Ferraz.

“Disponibilité sans faille au parti”

Bien que les militants aient le dernier mot sur l’avenir du parti en Andalousie, la direction essayait depuis un certain temps -notamment depuis la défaite du PSOE en Andalousie- d’accélérer le départ de Díaz en faveur du renouvellement. Le Fédération Socialiste d’Andalousie semble ne pas avoir oublié la leader de l’offensive contre Sánchez.

Secrétaire générale du PSOE andalou depuis 2013, et auparavant secrétaire d’organisation de la Jeunesse andalouse, la candidate s’est érigée en la voix du militantisme et a cherché à façonner un PSOE andalou plus autonome par rapport à Madrid, à l’instar du Parti socialiste de Catalogne (PSC). Cependant, il semble que ses ambitions de diriger un jour le parti, et pourquoi pas prendre la tête du gouvernement, aient pris fin ce dimanche. Elle reaffirmera néanmoins sa « disponibilité sans faille au parti ».

 

Ana Girón Esquerdo

Traduction : Valentine Le Gall

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