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MÓNICA GARCÍA – L’ATOUT DE MÁS MADRID

Élue à la Communauté de Madrid sur les listes de Podemos en 2015, Mónica García a posé une condition : elle ne siégerait qu’en continuant d’exercer son activité de médecin à mi-temps. C’est ce qu’elle fait depuis avec succès. Réélue en 2019, elle brigue un troisième mandat cette année. 

Avant d’être une députée à l’Assemblée de Madrid, Mónica García est en effet anesthésiste-réanimatrice à l’Hôpital 12 de Octubre de Madrid. La médecine est sa vocation, sur laquelle elle ne transigerait pour rien au monde. C’est d’ailleurs pour défendre le monde hospitalier qu’elle est entrée dans l’arène politique pour la première fois, en 2012. 

Cette année-là, le Parti populaire à la tête de la communauté de Madrid annonce la privatisation de six hôpitaux publics et une baisse de 7% du budget de la santé. Aux manettes de l’opération, Javier Fernández-Lasquetty. Ministre de la Santé à l’époque, il est désormais ministre de l’économie du gouvernement Ayuso.

Défendre le service public 

Monica Garcia monte au créneau en tant que porte-parole de l’Association madrilène des médecins spécialistes. La mobilisation dure deux ans et les soignants finissent par l’emporter. Lasquetty démissionne en 2014 tandis que l’opération permet à Monica Garcia de se forger sa personnalité politique. Elle défend notamment le service public et dénonce la mauvaise gestion de la Communauté, qui selon Monica Garcia, l’a amenée à se mettre elle-même face au couperet de la privatisation. 

En 2017, Monica Garcia devient coordinatrice parlementaire du groupe Podemos à la communauté de Madrid, en remplacement de Marco Candela. 

On pense un temps qu’elle sera sur les listes du parti d’Iglesias pour les élections de 2019. Elle rejoint toutefois Íñigo Errejón Galván, autre élu Podemos dont elle était proche, sur sa liste du parti nouvellement créé Mas Madrid. Elle est réélue. 

En première ligne à l’hôpital et à l’Assemblée 

Monica Garcia est connue pour son franc parler par ses adversaires politiques. Les élus du PP – l’une de ses cibles principales – la surnomment “la pistolera” depuis qu’elle a mimé de ses doigts une arme à feu dans l’Assemblée, un geste adressé à la présidente de région Isabel Díaz Ayuso.

En tant qu’anesthésiste, elle a été en première ligne face à la pandémie de Covid-19. Sa connaissance des dossiers médicaux lui permet de mettre les exécutifs face à leurs contradictions, notamment Isabel Díaz Ayuso, la présidente de la communauté de Madrid. Monica Garcia la confronte régulièrement sur sa politique de gestion de la crise sanitaire. 

Une tête de liste prometteuse pour Más Madrid 

Pour les élections anticipées de 2021, organisées suite à la rupture de la coalition PP-Cs), Monica Garcia est cette fois tête de liste pour Mas Madrid. 

Grâce à sa nouvelle figure de proue, le parti créé deux ans plus tôt pourrait devenir la troisième force politique de la Communauté. De personnalité politique inconnue de la plupart des Madrilènes, Monica Garcia est en effet devenue une figure parfois plus populaire que certains leaders politiques de la région. Un sondage CIS lui donne la plus forte popularité chez les électeurs de Podemos… Devant Pablo Iglesias. 

Monica Garcia a par ailleurs fait bonne impression lors du débat organisé par Telemadrid. Vêtue de rouge et blanc – les couleurs de Madrid – elle a commencé par se présenter par ce qu’elle était à la ville, une médecin et la mère de trois enfants, avant d’attaquer l’exécutif sortant. Isabel Díaz Ayuso reste en effet sa cible principale. 

La Communauté devrait rester aux mains du PP, mais Mas Madrid pourrait bien devenir la troisième force politique de la région, grâce aux combats de Monica Garcia.

 

Augustin Pietron

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