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INDÉPENDANCE : L’ÉTERNELLE CHIMÈRE

Les élections du 14 février supposeront le renoncement définitif au constitutionnalisme, par l’heureux pacte entre ERC, le PSC et vraisemblablement En Comú Podem. Nous nous retrouvons face à un horizon incertain du délire collectif qu’est l’indépendantisme catalan et à la mauvaise gestion que subissent les catalans depuis des années par le projet chimérique de l’autodétermination. Salvador Illa est indiscutablement un des personnages principaux de la tragicomédie qu’est la politique catalane. Un protagoniste que son parti avait préparé pour cela depuis longtemps, et il faut dire que la nomination d’Illa comme ministre de la santé début 2020 fut le coup d’envoi de la campagne électorale catalane. Un essai de la part des rapaces socialistes pour renouveler et embellir le lobby particulier qu’est le PSC dans la politique nationale et catalane. Cependant, le hasard a voulu que la pandémie s’interpose dans les plans de départ des socialistes. Si certains médias, journalistes et autres alliés tentent de vendre l’image d’un Illa gestionnaire (mieux vaut ne pas rappeler les chiffres de personnes contaminées et décédées), il n’est en réalité qu’un homme de parti dont le charisme se réduit à ses nombreuses tentatives d’attaque pour démolir Madrid et ses institutions autonomes. A ce stade, ce n’est un secret pour personne que le camouflage du parti constitutionnaliste du PSC a la même crédibilité que lorsqu’Illa lui-même a affirmé le 29 décembre qu’il ne serait pas candidat du PSC pour reconnaître 24 heures plus tard que si, il serait candidat à la Generalitat.

 

ERC sera un autre des soutiens du prochain gouvernement de la Generalitat, un parti téléguidé par des condamnés comme Oriol Junqueras et qui est activement soutenu durant cette campagne par Arnaldo Otegui, ancien membre de la bande terroriste qui fit exploser en 1987 l’Hipercor de la même ville que celle où il fait maintenant campagne. Le fait d’avoir enfreint gravement la Constitution, de ne pas le regretter, d’être soutenu par ceux de l’impôt révolutionnaire ainsi que les coups dans le dos, devraient être des raisons suffisantes pour tout démocrate de refuser frontalement le moindre projet politique lié à l’ERC.

 

Nous pourrions continuer à parler des différentes formations qui concourront dans ces élections, mais, sans nul doute, je m’aventure à affirmer que les dés sont déjà jetés. Le pacte entre le PSOE et ERC pour la loi du budget général de l’État (PGE) fut le point de départ de l’obscène bacchanale qui attend les Catalans dans les années à suivre. Il n’est jamais de trop de rappeler que ce fut grâce au tripartisme de Montilla (PSC) que le procés a commencé à être fomenté. Il s’est accentué ensuite dans les pires années de la crise tel un parfait rideau de fumée. Les concessions faites pendant des années par le gouvernement central en ce qui concerne l’éducation et les départs destinés à faire de la publicité institutionnelle au travers de chaînes comme TV3 ont encouragé un révisionnisme qui a consolidé la croyance au mythe de la souveraineté catalane. Comme tout mythe, les réclamations d’indépendance en Catalogne manquent d’une base historique réelle.

 

Après dix ans de petit-déjeuner, déjeuner et dîner procés pour le plus grand plaisir des élites politiques et aristocratiques catalanes, ce plat commence à avoir mauvais goût. Qu’en 2021 le procés, après ses échecs politiques et judiciaires, soit toujours constamment dans la bouche du bloc indépendantiste démontre seulement la déconnexion de quelques pseudo-dirigeants avec leur peuple, et encore plus au milieu du contexte de pandémie et de crise économique dans lequel nous nous trouvons. Le fanatisme et la haine rendent incapables tous ceux qui sont supposés gouverner, et la crise du COVID-19 a mis en avant les carences structurelles des administrations catalanes —à la différence de Madrid— avec l’effondrement de son système sanitaire et le naufrage de son tissu productif, asphyxiant l’hôtellerie et le secteur du tourisme. Nous attendrons alors qu’une prochaine occasion se présente pour que la Catalogne ait des représentants que l’ensemble des catalans mérite.

 

Antonio Pardo

Traduction : Nolwenn Klopp-Tosser

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