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LA LOI CELAÁ : L’ESPAGNOL EN DANGER

Impossible d’avoir ouvert un journal, écouté les informations ou navigué sur les réseaux sociaux ces dernières semaines sans avoir entendu parler de cette polémique : l’espagnol ne sera plus obligatoire dans les écoles publiques. Le 4 novembre, lors du débat sur la loi Celaá au Parlement, le PSOE (gauche), Unidas Podemos (extrême gauche) et ERC (gauche indépendantiste catalane) ont présenté un amendement par lequel l’espagnol ne sera plus la langue officiellement utilisée dans le système éducatif. Chaque région pourra donc déterminer la langue véhiculaire de son territoire en matière d’éducation. Rajouter à cela le fait que la loi Celaá ne prévoit aucun test harmonisé pour évaluer le niveau d’espagnol dans toute l’Espagne. La Catalogne pourra donc demander aux étudiants catalans de conjuguer des verbes au passé-composé… tandis qu’à Murcie, les élèves devront réaliser un test d’analyse de syntaxe.

 

Comment penser qu’il serait approprié de faire confiance à la bonne volonté de la Generalitat (l’organe institutionnel de la région catalane) ou du Pays Basque pour évaluer le niveau d’espagnol des étudiants ? Rappelons que le rapport de l’Assemblée pour une école bilingue en Catalogne (AEB) de 2019 a mis en évidence des faits inquiétants. “L’espagnol n’est pas une langue véhiculaire dans les écoles publiques de cette communauté et ne respecte pas le minimum de 25% d’heures en espagnol enseignées dans les matières principales”, minimum fixé par le le Tribunal Constitutionnel.

L’on peut comprendre que la langue co-véhiculaire de la région en question doive être respectée, mais l’on ne peut permettre que la deuxième langue la plus parlée au monde, l’espagnol, ne soit pas étudiée au sein des écoles publiques. Cela priverait des milliers d’enfants d’opportunités, et les condamnerait à finir leur scolarité sans bases suffisamment solides en espagnol, bien que très bonnes en catalan ou en basque, par exemple. D’une grande utilité pour ces milliers d’étudiants quittant leur région pour étudier ailleurs…

 

Ce “piétinement de la langue espagnole”, ainsi qualifié par les partis de l’opposition et par l’opinion publique, ne peut qu’être compris comme une pure stratégie politique de la part de l’exécutif. En accordant ce pouvoir de décision à leurs alliés au Parlement -notamment aux partis séparatistes- l’approbation du budget général de l’État sera plus aisée.

Ciudadanos (centre-droit), le PP (droite) et VOX (extrême-droite) ont déjà annoncé qu’ils feront appel à la Cour suprême contre cette loi et la porteront devant la  Cour de Justice de l’Union Européenne si besoin.

 

 

Pablo Maciá Planelles

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